Interview/ Julien K. Kansou « Il faut ressusciter la poésie béninoise »

Interview/ Julien K. Kansou « Il faut ressusciter la poésie béninoise »

La poésie n’est pas le genre préféré des Editeurs béninois. D’ailleurs, elle se porte mal et il va falloir la ressusciter. Cet avis est du jeune poète Julien Kandé Kansou.   Il est notre invité de cette semaine.


Entretien

Radio Beninlivres : Veuillez  – vous présenter s’il vous plait.

 Julien Kandé Kansou : Je m’appelle Julien Kandé Kansou, jeune auteur  du Bénin, je suis né à Savalou (Lahotan), le 02 août 1990.

Je suis auteur des  recueils de poèmes Les fleurs de l’enfer  (2014), Et pourtant je me promène…, (2016) et les pièces de théâtre Calibeth (2015), Les larmes sucrées (2018). Ce sont là des publications à titre personnel. A titre collectif,   j’ai publié La fin d’un monde avec Eric Akpi et puis  La parole citée, un recueil de poèmes  qui a regroupé 17 auteurs béninois résidents au Bénin et ailleurs.

Votre genre  favori est la poésie. Comment se porte celle  béninoise ?

Depuis le 14 mai passé, j’ai pris la décision de publier au moins un poème par jour,  ce qui m’a permis à ce jour de publier plus de trois cent poèmes. Ce projet prendra fin le  14 mai 2019. Dieu est avec nous.   Ce que je vois de la poésie béninoise, elle se porte un peu mal.

Qu’est – ce qui vous fait dire cela ?

Primo, la poésie est un genre un peu difficile et complexe. Elle est le résultat   de grands  et de  gros efforts intellectuels.  Par ricochet, il faut être d’un  niveau assez élevé avant de pouvoir le lire et de le comprendre, mais la plupart des gens instruits sont occupés et voilà la poésie a un petit lectorat.

Secondo, les éditeurs béninois n’ayant pas de grands moyens, refusent souvent la poésie.  Pour la plupart du temps, les poètes publient à leurs propres comptes. Ce qui donne un coup à ce genre de noblesse, car au commencement, c’était la poésie, et à la fin sera la poésie. Elle est parole vivante, elle réveille les morts, dompte Lucifer et charme Dieu.

Que faut – il faire alors ?

Il faut   ressusciter la poésie béninoise, pas parce qu’il n’y a pas de poètes, mais les textes dorment dans les placards et volent entre l’Internet et meurent dans le bruit sourd de l’indifférence.

Revenons à votre dernier ouvrage collectif, La parole citée. Comment est – il  né, ce recueil de poèmes  ayant  réuni 17 poètes du Bénin ?

La parole citée,  est une initiative qui a vu jour quand Hermann Yao  Kouassi  (un autre jeune auteur du Bénin) m’a adressé un poème qui avait pour trame, la valorisation de mes efforts d’écriture.

 Dans le forum WhatsApp, Le poète du siècle dont je suis l’administrateur,  au cours de nos discussions, l’idée de faire  une publication commune, une anthologie de poèmes est née. Et rapidement, nous l’avons travaillée, nous avons eu la chance avec Hermann Yao Kouassi d’avoir sur le projet   des Poètes, pas des moindre du Bénin : Sophie Adonon, Armand Adjagbo, Basile Dagbéto…L’ouvrage est déjà disponible et sera officiellement lancé bientôt.

  Quels sont les sujets qui y sont   développés ?

Comme   thématiques,  je peux vous citer sans être exhaustif,  l’amour, les  hommages aux défunts,  l’éducation,   la fidélité,    l’engagement politique. Chaque lecteur pourrait avoir son regard. C’est aussi la vision de la poésie. C’est un art qui est souvent suggestion. Dans un tableau poétique, il y a tout ce que nous voulons voir.

Réalisation : Esckil AGBO

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