Marie NDiaye : La puissance de l’écrit

Marie NDiaye :  La puissance de l’écrit

Marie NDiaye est sans conteste l’écrivaine d’origine africaine qui m’a le plus émerveillée de par son style châtié, soigné, élégant et admirable.


En effet, l’écriture de Marie N’diaye (multi primée)  ressuscite l’authenticité du phrasé, la  splendeur de la  littérature française d’antan, où l’on ne vivait que pour l’art d’écrire. Qu’en est-il de ce sacerdoce depuis  la moitié du XX è siècle à nos jours ? Quelques irréductibles sortent scripturalement du lot, comme Marie N’diaye, feu Jean d’Ormesson…, au côté duquel j’ai eu  le privilège de dédicacer mes ouvrages en 2015, à la Ferté-Bernard, en France.

Lire Marie N’diaye, consiste à se réconcilier avec la pureté de la phraséologie, sans expressions amphigouriques, ni pédantesques, qui nous ramène à l’ère où l’on respectait  la quintessence de cet idiome, sans y introduire l’anarchie linguistique, abusivement nommée ‘’évolution de la langue’’.

Il faut être un érudit (une érudite) et un liseur (une liseuse) pour saisir la richesse et la beauté  des ouvrages de Marie NDiaye,  en se détachant de la trame pour privilégier la rhétorique, la puissance de l’écrit. Ce fut mon cas, en l’occurrence lorsque je dévorai ‘’Trois femmes puissantes’’, Prix Goncourt 2009.

 Ce livre commence par une phrase d’une demi-page qui, pourtant, ne décourage pas la liseuse que je suis. Subséquemment, se produit  le coup de foudre livresque. C’était époustouflant, surprenant…En résumé,  l’œuvre  révèle à travers trois récits, la Femme africaine sur trois facettes, trois Africaines  au fort charisme, à la dignité sans faille que sont Norah, Fanta et Khady qui optent toutes pour la vie, en rejetant l’humiliation…

Toutefois, je déplore que Marie N’diaye ne soit pas plus vulgarisée auprès d’un plus grand nombre,  au prorata de son talent, que ce soit en France ou sur la scène internationale. La plupart des gens la situent généralement  par rapport à son prestigieux Prix Goncourt. On devrait mieux promouvoir  ses excellents écrits pour plus d’accessibilité. 

Enfin, je m’avance en affirmant que grâce à la maestria  de la langue française par Marie N’diaye, l’apophtegme ‘’ la langue de Molière’’ tombe en désuétude pour devenir  ‘’ la langue de Marie NDiaye’’. Vous y gagnerez sur le plan cognitif, cumulé au plaisir de lire, en lisant les ouvrages de Marie N’diaye.

Sa bibliographie est dense  ( cliquez   sur ce lien pour la découvrir marie-ndiaye-une-plume-fiere-et-conquerante)

Sophie ADONON, romancière béninoise

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