Euphrasie Calmont

Euphrasie Calmont

Euphrasie Calmont est née à Mitro au Bénin. Elle a fait des études de Lettres et de Marketing à Bordeaux, puis de Management à l’Université de Paris XII.


De 1979 à 1983 : elle a travaillé la Sonamel à Cotonou, Bénin.

De 1983 à 1987 : elle a enseigné le Marketing à La Chambre de Commerce et d’Industrie de Fort-de-France en Martinique. Simultanément, elle a été Coordinatrice des stages de l’ANPE, chargée de suivi pédagogique à l’AFPA (Association Pour La Formation Professionnelle des Adultes en Martinique).

De 1987 à 2015 elle a été directrice des ventes dans une société martiniquaise.

Depuis Juillet 2016, elle se consacre à l’écriture et fait des corrections de manuscrits pour Maisons d’éditions.

Diverses récompenses :

  • Diplôme de l’Ecole de Rédaction Quality Of Course de Canada.
  • Certificat d’Excellence de l’Ecole de Rédaction Quality Of Course de Canada, pour deux chapitres de Emma ou la rage de vivre.
  • 1er Prix du Grand Prix Poétique du Kaïlcédrat Royal 2015, Aimé Césaire Le Visionnaire.
  • Des séances de dédicaces jalonnent le parcours d’Euphrasie Calmont.
  • Les deux premiers ouvrages ont été présentés à l’Unesco, « Emma ou la rage de vivre » le 10 juin 2010, et « Les revers de l’amour » le 08 mars 2013

Ses œuvres :

  1. « Emma ou la rage de vivre» est « … un chant écologique à travers la figure d’une enfant, heureuse de découvrir son milieu, d’en connaître les valeurs et les secrets », un livre imprégné d’optimisme, de courage et de tolérance.
  2. « Les revers de l’amour» : l’ouvrage nous met face aux difficultés d’un couple et autres tractations y afférant. La relation humaine est mise à nu. Des contradictions humaines se révèlent et des questions philosophiques s’ensuivent. Qu’est-ce donc que l’homme ? Comment fonctionne-t-il avec lui-même et dans le système social ? Si l’être est libre, jusqu’à quel degré l’est-il ? Où commence la liberté de l’un par rapport à celle d’autrui ?
  3. « Chemins de vie, chemins d’amour» révèle l’être, la vie et l’amour.

Ici, les mots, le lyrisme, la structure ou la mise en scène, tout est mouvement, partant parfois, quasiment de rien, de choses banales et quotidiennes ou encore de sujets graves, mis en mots simples, en prose légère et toujours dynamique, comme l’enchaînement d’une entrée et sortie de scène, semblable aussi à la vie elle-même, de la naissance à la mort.

Au-delà de chaque chose, il est vu quelque chose d’idéal, de plus intime à la chose vue, qui dépasse la chose elle-même, comme un aspect qui tient du merveilleux que l’auteur capte et voudrait faire saisir au lecteur.

  1. « Capital et charité »

Nous voici dans le monde du travail, au cœur d’un système presque sans nom, tellement il nous est devenu familier et un système apatride car il s’installe dans le monde entier. De l’industrialisation amorcée au 19è siècle à nos jours, le produit fabriqué par l’homme semble avoir été confondu avec ce dernier. Les crises financière et économique de 2008 sont passées par là, en laissant un goût de désespoir. Le capitalisme devenu un système indispensable et cru salvateur du monde s’est plus que jamais rudement imposé.

Cependant à y regarder de près, ce même capitalisme devient destructeur des êtres et des vies. C’est qu’à force d’engendrer mensonges, cupidités, manipulations et autres vices pour atteindre coûte que coûte les objectifs, il assomme l’être de stress, de burn-out ; le déshumanise et le prive de sa noblesse. Le système semble ne plus permettre à beaucoup de réfléchir, de comprendre, de raisonner. Il insiste et contraint insidieusement à agir au plus vite, toujours pour plus de gains au plus vite, en faisant croire que la décision vient de soi-même. Il est prêt à se dédouaner de toute morale, pour arriver à ses fins. Et les hommes, grands comme petits en responsabilités, tous sont pris au piège. Vouloir gagner sa vie en la perdant à vive allure ! Cela a-t-il un sens ? Comment trouver un arrangement avec un tel dogme pour travailler et vivre décemment, sereinement au vrai sens du mot vivre et non pas survivre ?

Cet ouvrage fait fonction de constat et tente de répondre à cette question.         

Quelques éléments de l’accueil de la critique littéraire :

Intervention de Tanella Boni à l’Unesco le 10 Juin 2014 sur « Emma ou la rage de vivre » 

Tanella Boni, poète, romancière, essayiste, philosophe est née à Abidjan (Côte d’Ivoire). Docteur ès lettres de Paris-IV la Sorbonne, elle est professeure des universités et auteure de nombreuses publications. Prix Ahmadou Kourouma en 2005. Prix du magazine Continental et prix Antonio Viccaro pour l’ensemble de l’œuvre poétique en 2009.

Emma ou la rage de vivre

(UNESCO, 10 juin 2010)

« A l’heure où les débats autour de la littérature francophone accordent une large place à la fois à l’idée de « postcolonial » et, ces dernières années, à celle de « littérature-monde », le livre d’Euphrasie Calmont, Emma ou la rage de vivre, apparaît comme un roman singulier, à la fois local et « universel » et ce pour plusieurs raisons. L’auteur insistera sans doute sur les raisons d’être de son roman et ce qu’elle a voulu montrer. Pour ma part j’y vois d’abord une méditation sur la place de l’humain dans la nature mais aussi un arrêt sur images, dans le village d’Emma, fillette de 9 ans. Parmi ces images, il y a celles de l’optimisme d’Emma, suggéré par la deuxième partie du titre « la rage de vivre ». Mais qu’est-ce que la rage de vivre ? Peut-être la force d’aller de l’avant : tenir tête à tous, aller toujours plus loin et être apte à résister à toutes sortes d’obstacles. La « tête », voilà un mot-clé du roman. Vivre, c’est être curieux de tout, c’est avoir la volonté d’apprendre et de connaître. Ainsi, l’idée de vie parcourt ce roman de part en part. La vie par la connaissance et la vie par les valeurs sans lesquelles la vie biologique est peu de chose.

La construction du roman nous interpelle au premier abord. Il est composé de 11 chapitres assez courts, qui, chacun, porte un titre, une citation en exergue, mais aussi la mention des personnages que l’on va croiser. Cela rappelle quelques procédés d’écriture chez la Comtesse de Ségur ou d’autres conteurs ou romanciers du 19ème siècle, notamment dans le domaine de la littérature d’enfance et de jeunesse. Dans le même temps, les citations mises en exergue dont les auteurs sont : Emile Verhaeren, Montaigne, Balzac, Baudelaire, Lamartine, Voltaire, Michelet, Rousseau etc. nous indiquent que nous ne sommes pas dans le genre littéraire « littérature d’enfance ». Le livre ne s’adresse pas en priorité à des enfants de 9 ans, de l’âge du personnage principal. Il s’adresse à tous et, il faut le supposer, d’abord aux adultes. De temps en temps, la linéarité du récit est rompue par quelques poèmes. Mais dès le deuxième chapitre, c’est le temps du récit qui n’est plus le même : on passe du 17ème au 20ème siècle, du temps de la fondation du village de Mitro, au temps vécu par Emma. Mais tout se passe comme si la nature, elle, ne voyait pas le temps passer. Elle est représentée dans sa beauté intemporelle, et saisie dans les moindres détails.

La nature est faune et flore. Elle renvoie aussi aux éléments : la terre, l’eau, l’air, le soleil ou le feu. Le fleuve est un élément central, de même que la forêt. La romancière se transforme de temps en temps en botaniste, elle connaît les fleurs et les plantes, les nomme, les décrit. Par ailleurs, on pourrait lire ce roman à partir du bestiaire riche en variété : hippopotame, serpent, crapaud, lézard, perdrix, etc.

L’éditeur classe le livre dans une collection « roman contemporain ». On se demande donc ce que cela signifie à propos d’un récit qui remonte loin dans le temps et qui nous rapporte, dans un premier temps, l’histoire d’une fondation : « tous, ils étaient partis de Doga, au Bénin, fatigués des guerres tribales de 1624. Leurs ancêtres étaient venus d’Oyo à l’est au XVème siècle, puis de Kanna, à l’ouest au XVème siècle » (p.11).Le narrateur (la narratrice) omniscient donne l’étymologie de l’endroit où s’installent ces pionniers : Mitro ou « nous sommes perdu dans un trou » ou « au fond des décombres » p.20-21. Mais en lieu et place d’un trou, il s’agit plutôt d’un paradis terrestre dans lequel s’installent les ancêtres d’Emma Dassiga, de la 17ème génération et 7ème enfant d’une famille qui en comptait 9.

Cette fondation fait partie intégrante de la mémoire d’Emma, fillette heureuse parce qu’elle sait d’où elle vient, qui sont ses parents, sa famille, ses ancêtres. Frappée de plein fouet par la mort de sa mère, elle se considère comme une rescapée, mot dont elle apprend le sens dans un dictionnaire. Cette rescapée a ses défauts et ses qualités, elle sait mentir à son petit frère, elle lui fait du mal en lui disant qu’il est un enfant adopté ; tout cela pour son bien à elle, pour se sentir aimée, bien dans sa peau, elle qui veut aller loin, comme son « crayon jeté en mer à Cotonou et qui devait voguer de berge en berge » (p.157).

Emma ou la rage de vivre est un conte moderne sur le bonheur de vivre au présent et d’avoir des rêves d’avenir. Dans une Afrique où la violence est omniprésente et où les valeurs ne sont plus ce qu’elles étaient, ce roman, à la fois naturaliste et d’apprentissage, apparaît comme une quête du paradis perdu. Et « paradis » n’est pas un mot vide: il renvoie aux rapports harmonieux entre l’humain et la nature, à la solidarité, aux rapports intergénérationnels, à l’esprit d’apprentissage, à la joie de vivre… »

Tanella Boni.

Extrait de la conférence du Professeur Fernand SAINTE-ROSE lors de l’événement créé par l’ADESSCA autour de « Emma ou la rage de vivre », à la Faculté des lettres et Sciences Humaines, UNIVERSITE DES ANTILLES ET DE LA GUYANE, le 9 Février 2010.

Fernand Sainte-Rose, Responsable pédagogique, chargé de cours en Sciences de l’Education à l’Université des Antilles et de la Guyane, Service. IUFC. Labo. IUFC ; Directeur Adjoint par Intérim du Pôle MARTINIQUE.

Emma ou la rage de vivre

Question d’enfance

L’ouvrage de Euphrasie Calmont pourrait s’apparenter à une ode à l’enfance tant l’intensité de l’âme et de la rêverie enfantines y sont manifestes. Nous entrons dans le monde de la réalité et de l’imaginaire de l’enfance par un chemin de forêt qui nous plonge dans un univers vivant de faunes et de flores qui parlent et chantent les tropiques.

L’enfance d’Emma reste l’enfance dans ce que Rousseau définit comme spécificité enfantine ; l’auteur a voulu présenter un morceau de vie et de culture au coeur d’une nature luxuriante dans l’épaisseur sociale et anthropologique que chaque scène et chaque thème tente pudiquement de décrypter. Mais n’oublions pas l’ardeur et le mordant du titre : rage et vie. Deux notions qui montrent à la fois les dents et le coeur, qui expriment le soufre et le souffle. Une vie pleine de candeur et d’ardeur qui lutte prématurément contre la mort contre toute mort. Le titre parle d’humain, d’individus et de sociétés.

Emma est entrée par la forêt mais elle doit traverser le fleuve ; ce passage des sentiers forestiers parfumés et animés par la polyphonie ambiante rappelle les joies, les jeux et l’insouciance de l’enfance, de toute enfance.

Mais la vie enfantine se déroule dans la réalité sociale alors la traversée du fleuve n’est pas de tout repos car un hippopotame dort là… Attention mystère ! Ne bouge pas Emma.

Cette phrase de la page 33 du livre annonce les raisons du combat pour la vie : le doute, le mystère, le danger perturbent le cours du fleuve de la vie. Dès lors, la question d’Emma à sa grand-mère prend le sens d’une parole inaugurale, d’une question fondamentale :

« Dis Gran Man, j’ai vu un hippopotame dans le fleuve, Coudjo n’avait pas peur, mais moi si ! Il y en a beaucoup dans le fleuve comme ça ? Il peut donc manger les hommes ? L’enfance est homme et donc menacée d’être phagocytée, son existence est menacée de mort ; contre cette menace, Emma active son mécanisme de défense : la rage de vivre. Il y a toujours eu comme un combat universel de l’enfance contre le mythe de l’insignifiance ? voire de la malédiction de sa condition enfantine, combat contre le déni, contre les maladies infantiles qui sont autant de fantaisies de la mort. Malgré la révolution copernicienne de Rousseau pour la connaissance et la reconnaissance de la spécificité enfantine, vivre son enfance n’a pas toujours été une aventure idyllique bercée par la poésie. Les rudes châtiments corporels pour redresser la morale, pour fixer l’instruction sont le lot de bien des enfants au cours des siècles. St-Augustin, Evêque de la cité d’Hippone (aujourd’hui, Annaba en Algérie) s’écrie dans l’une de ses confessions : » Qui donc ne reculerait d’horreur et ne choisirait la mort si on lui offrait le choix entre pourrir et redevenir un enfant » (De civitate Dei). Cette déclaration fait écho à l’Enfant de Jules Vallès dédicacé « A tous ceux qui pendant leur enfance furent tyrannisés par leurs maîtres ou rossés par leurs parents ».

Quant à la question de l’enfance martiniquaise, elle constitue un lieu de recherche plurielle très peu exploitée par les Sciences sociales. Le temps ne nous permet pas d’en tracer les conditions socio-historiques.

La plupart des observateurs de la société coloniale soulignent l’absorption d’enfants très jeunes par les travaux en petites bandes dans les champs de cannes à sucre. Apparemment, la loi de 1882 sur l’obligation scolaire n’est pas respectée dans la colonie martiniquaise. De nombreux enfants ne fréquentent pas l’école du fait de son éloignement des campagnes. Quant aux salles d’asile, elles sont insuffisantes dans la colonie ; quand elles existent, elles sont localisées dans les bourgs ou sont payantes ; les enfants pauvres en sont exclus, relégués à la périphérie de la démocratie.

Devant cette situation, l’Assistance publique présente une peau de chagrin, la mise en place d’une organisation médico-sociale se fait longtemps attendre ; en dépit de tous les vœux pieux, aucun crédit conséquent n’est libéré pour mettre en marche une politique d’actions pouvant offrir des espaces de soins, d’éducation et de culture à l’enfance et à la population. Dans ce contexte, l’enfant privé de soins élémentaires et d’assistance, n’a d’autres alternatives que la résignation et la déviance. C’est ainsi que va se tisser dans la société martiniquaise, un réseau assistanciel de l’enfance organisé en orphelinat, patronages, maison de correction ; cet aspect sombre de la réalité enfantine ne signifie pas que l’enfance martiniquaise assistée ne se soit pas épanouie ; peut-on vraiment freiner l’imaginaire et la créativité enfantine ? M’appuyant sur le titre « la rage de vivre », je peux utiliser ici le mot de Boris Cyrulnik la « résilience » : l’enfance peut résister à la dureté de la condition humaine.

Sur le plan de la recherche, une mine de travaux en sciences humaines et sociales restent à explorer sur le thème de l’enfance, qu’il s’agisse de la question scolaire, de l’histoire de l’enfance ou du fait éducatif. Des travaux internationaux posent des cadres paradigmatiques riches à mettre en perspective avec la recherche native.

Si l’on considère par exemple la Rêverie vers l’enfance de Bachelard, on se rend compte que l’enfance pose le problème de la vie entière et du caractère phénoménologique de l’identité humaine, une poétique de l’enfance, une phénoménologie de l’imaginaire.

Ce grand petit livre « Emma ou la rage de vivre » pose dans un écrin poétique des problématiques majeures : l’enfance est ici la métaphore de tous les commencements, de toutes les initiatives, de tous les mouvements : la plasticité du devenir humain est annoncée en filigrane.

En conclusion, permettez-moi de convoquer un grand poète chilien à cet hommage que nous rendons au livre et à l’écriture : Ricardo Neftali Reyes, le poète Pablo Neruda. Il aurait aimé Emma et l’aurait encouragée à mordre dans la vie avec rage. « Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas la musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux ».

En fermant ce livre de Euphrasie Calmont, j’ai pensé à un très joli vers de Pablo Neruda dans son Ode au livre (Oda al libro) : « Livre quand je te ferme j’ouvre la vie ».

Et à Euphrasie je dédierai ce mot de Glissant dans une philosophie de la rencontre : » Agis de ton lieu, pense avec le monde. »

Les revers de l’amour et « La Nouvelle Tribune » :

http://www.lanouvelletribune.info/index.php/societe/culture20/12511-note-de-lecture-de-jean-florentin-agbona-sur-les-revers-de-l-amour-d-euphrasie-calmont

Emma ou la rage de vivre au Salon du Livre 2013 Paris Porte de Versailles avec France-Antilles : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-salon-du-livre-116486613.html

Emma ou la rage de vivre et la Télévision de La Côte-d’Ivoire. Présentation de « Emma ou la rage de vivre » par la journaliste Evelyne DEBA : https://www.youtube.com/watch?v=1ir3ve1waXI

Emma ou la rage de vivre et Potomitan, site de promotion des cultures et des langues créoles : http://www.potomitan.info/bibliographie/euphrasie_calmont.php#top

Emma ou la rage de vivre.  Interview radio de Calmont Euphrasie au Bénin :

« Emma ou la rage de vivre », « Les revers de l’amour » et « Chemins de vie, chemins d’amour » : Rencontre avec  Le Ministère de l’Outre-Mer au Salon du Livre 2014, Paris Porte de Versailles: http://www.dailymotion.com/video/x1mrn98_rencontre-avec-euphrasie-calmont-au-salon-du-livre-de-paris-avec-le-ministere-des-outre-mer_news

« Emma ou la rage de vivre » dans CULTUREMES à la télévision du Bénin : http://www.youtube.com/watch?v=XSQaT71iNAc

Biographie de Calmont Euphrasie, par l’Association Littéraire Le Scribe Noir du Bénin, au Centre Culturel Français du Bénin.

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