[Hommages à Olympe B. Quenum] / Mimosette Kodjo: « Un piège sans fin est un délice pour l’âme »

[Hommages à Olympe B. Quenum] / Mimosette Kodjo:  « Un piège sans fin est un délice pour l’âme »
Mimosette KODJO. Photo prise à Cotonou lors de BENINLIVRES 2019

Professeure certifiée de français, Mimosette Kodjo, par une belle analyse du roman Un piège sans fin, célèbre l’Ecrivain Olympe Bhêly Quenum. Le texte de l’Enseignante s’inscrit dans le cadre des hommages au Patriarche pour les Noces de diamant dudit roman.

Message de l'équipe d'organisation des Noces de Diamant de Un Piège Sans Fin

Pour marquer la célébration des Noces de Diamant du roman Un Piège Sans Fin, nous avons initié une campagne de crowdfunding. Cette campagne a pour but de rendre le roman disponible dans les bibliothèques de plusieurs établissements scolaires privés et publics au Bénin. 200 établissements auront chacun 10 exemplaires du roman.

Informé de cette initiative voici en bref ce qu'en dit le Doyen Olympe Bhêly QUENUM "C'est sublime ! Si ça marche j'aurai un enterrement royal.."

Vous pouvez soutenir cette initiative en parcourant ce lien : https://www.leetchi.com/fr/c/lyV9Bq0w

Le roman Un piège sans fin est un roman existentialiste qui retrace les vicissitudes de la vie humaine. L’absurdité de la vie et celle des actes posés par les êtres humains y sont peints. J’étais sortie de la lecture de ce roman du patriarche de la littérature béninoise sertie de trois déterminations qui, jusqu’à présent, motivent ma vision de la vie.

Je n’avais que quinze ans à l’époque où j’ai fait la découverte de ce roman qui garnissait alors l’une des étagères de la bibliothèque de mon père. Je fus d’abord saisie par le regard candide mais interrogateur de ce jeune peulh sur la première de couverture avant d’être happée par la description de l’homme qui sera le personnage principal du roman.

La suite après la pub

Alors quelles sont ces fameuses résolutions que pourraient prendre une adolescente de mon âge ?

Premièrement, il était désormais clair pour moi que chaque être humain doit affronter les difficultés qui se présentent à lui avec détermination et clairvoyance. En effet, contrairement à la majorité des lecteurs du roman qui accuse Anatou de la déchéance de notre Anti-héros  Ahouna, moi je lis dans son acte une fuite en avant. Un homme incapable de gérer les problèmes inhérents à sa famille n’en est pas un. Ahouna devait affronter Anatou et s’arranger pour trouver les voies et moyens adéquats pour la confondre. La fuite, c’est la solution des lâches.

Cela me rappelle Seydou Badian Kouyaté qui affirme dans Sous l’orage :

«  lorsqu’on doit sa vie à la fuite, on ne vit qu’à moitié ».

L’intrigue du roman Un piège sans fin, nous renseigne à suffisance sur le bien-fondé de cette citation.

Deuxièmement, je me suis promise de toujours bien murir mes intentions ou mes actes avant de les poser car Ahouna pouvait éviter de commettre le meurtre sur  Kinhou et éviter de ce fait bien des ennuis.(cf page161). Ce crime gratuit est à l’image de celui commis par le personnage « camusien » Meursault, dans L’Etranger, qui, sans aucune raison valable tue un homme à la plage. Prétextant de la fatigue et de la sueur, il tire une balle sur l’Arabe, puis quatre autres coups sur le corps inerte de l’homme. Dans un excès de colère, il est toujours préférable de prendre du recul en face des situations afin de décider, une fois calmée. Encore une fois, Ahouna venait de faire preuve d’immaturité et de lâcheté.

En dernier ressort, je retiens que tout se paie ici-bas et rien n’est gratuit. Les meurtriers d’Ahouna: Houngbé, Hounsinou, Tovignon et  Houéfa qui, sous le coup de la vengeance l’ont aidé à s’évader avec le funeste projet de le tuer ne s’en sortent pas indemnes. Si Ahouna n’a personne pour le venger, la nature se charge de restaurer le droit. Et cela, seule la lecture du roman, Le chant du lac du même auteur,nous l’apprend. Ils périssent dans les profondeurs de l’océan Atlantique alors qu’ils étaient convoyés vers la France pour combattre avec l’armée française.

Procurez-vous Le chant du lac car lire Un piège sans fin sans l’avoir lu est un gâchis, une lecture inachevée.

Ahouna paie le meurtre de dame Kinhou par la prison et la mort sur le bûcher. Quant à Houngbé et ses neveux, ils perdent la vie sur la mer et sont jetés en pâture aux monstres marins.

Un piège sans fin, comme tous les romans d’Olympe Bhêly-Quenum est un délice pour l’âme.Une seule recommandation : procurez-vous Le chant du lac car lire Un piège sans fin sans l’avoir lu est un gâchis, une lecture inachevée.

Par Mimosette KODJO, ©BENINLIVRES,  mai 2020

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