Interview / Olympe Bhêly Quenum : « Mon prénom primordial, c’est Codjo »

Interview / Olympe Bhêly Quenum :  «  Mon prénom primordial, c’est Codjo »

Dans ce numéro de notre rubrique spéciale « Les Entretiens de Olympe Bhêly Quenum », nous nous intéressons à la biographie du patriarche; ce que lui -même en dit.

ENTRETIEN

Quelques questions, d’abord, sur votre biographie…

Je n’aime pas m’étaler sur cette rubrique ; en l’occurrence vous pourriez vous référer à mon site http://www.obhelyquenum.com ; en cliquant sur la couverture de tel ou tel de mes livres, notamment le dernier, vous trouverez ma date de naissance, etc ; d’autres renseignements sont fournis dans des thèses consacrées à mes œuvres et à ma personne ; certains thésards disent parfois n’importe quoi, mais ça m’amuse de ne pas les contredire; bon, en lisant les Appels du Vodou, vous apprendrez davantage de choses.

Vos prénoms sont: Marc, Eustache, Olympe, est-ce bien dans cet ordre là?

Non : le prénom primordial, c’est Codjo ; c’est à-dire, chez les Fon, mon ethnie, que je suis né un lundi ; il y a ensuite Agblo Tchikoton, mon prénom de baptême traditionnel dans la cérémonie d’Agbassa largement décrite dans Les Appels du Vodou ; deux ans plus tard s’est ensuivi le baptême chrétien avec les prénoms, Eustache, Marc, Olympio

Pourquoi avez vous choisi particulièrement Olympe comme « prénom de plume »?


Je n’ai rien choisi : depuis mon âge de six, huit ou dix ans, je ne m’en souviens pas, tout le monde, je me demande pourquoi, m’appelait Olympe, qui est d’ailleurs un prénom féminin. Olympe s’est ainsi imposé, alors je l’ai gardé. Mais ce sont mes prénoms Agblo Tchikoton Olympio qui figurent sur les actes d’état civil.

Vous m’avez dit au téléphone que Les Appels du Vodou était votre livre le plus autobiographique.

Nous touchons à une des difficultés de la langue française : je n’ai pas dit Les Appels du Vodou était, mais est. En balayant la concordance des temps, l’emploi du présent indicatif confirme autant la réalité que la véridicité de mon propos. J’affirme ainsi qu’il n’y a rien, ou pas grand-chose, d’inventé dans ce roman : une part de mon auto-biographie, des pans de la vie de ma grand-mère qui m’avait élevé, de ma grand-tante, de mon père, et, cela va sans dire, de mon grand-père paternel pour qui j’avais une tendresse et une vénération singulières sont insérés dans cette biographie de ma mère; ce roman est aussi un reflet de ma vie d’écrivain et d’homme de culture.

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On peut donc qualifier Les Appels du Vodou d’autobiographie à la troisième personne?


En aurais-je fait un mystère ? Bien sûr, je ne me prends pas pour Jules César dans La guerre des Gaules, mais il s’agit bien d’une biographie dans laquelle est incrustée une autobiographie. C’est une saga.

Daagbo, le vieil aristocrate, était mon grand-père. Je suis – je n’éprouve aucune gêne à le révéler à quiconque l’ignorerait – issu d’une vieille famille aristocratique où il n’y a pas d’antinomie à être politiquement de gauche ; je vote à gauche depuis mon âge de vingt et un ans ; mes origines sont d’une aristocratie foncière et terrienne que je ne peux pas renier ; j’en suis même très fier ; n’empêche, je vote P.S.après avoir milité dans le Groupe des Jeunes mendésistes, en 1949, en Normandie où je poursuivais mes études.

Source: Olympe Bhêly Quenum